logo de la BnF logo de la BnF
Médailles et Antiques de la Bibliothèque nationale de France
 
Désignation générale : 

camée

“Grand Camée de France”
“Gemma Tiberiana”
“Apothéose d’Auguste” “Camée de la sainte Chapelle”, “Grand Camée”

"Grand Camée de France"

Création / Exécution : 

camée :
Italie, Latium, Rome (lieu de camée)
1er quart 1er siècle

monture :
France, Ile-de-France, Paris (lieu de monture)
1ère moitié 19e siècle

Epoque/Style/Mouvement : 

romain impérial

Matières et techniques : 

sardonyx (à cinq couches, taille en camée, camée)

cuivre (dorure à la feuille (technique métal), monture)

Mesures : 

H. 31 cm, l. 26.5 cm

Description : 

Camée gravé de vingt-quatre figures, réparties sur trois registres.

registre supérieur :
Les morts héroïsés: au centre, Auguste, le fondateur de la dynastie, entouré par Drusus II à gauche et par Germanicus s’envolant, monté sur Pégase.

registre médian :
Le monde des vivants: les descendants et héritiers potentiels d’Auguste. L’empereur Tibère (14-34 ap. J.-C.), au profil caractéristique, est au centre, accompagné de sa mère, Livie. Nero Drusus (autrefois Germanicus), Drusus III et Caligula sont aussi présents.

registre inférieur :
Les captifs barbares, Parthes au bonnet phrygien et Germains aux cheveux longs.

L’identification de certains personnages reste controversée, mais les visées politiques de cette œuvre de commande sont claires : il s’agit d’affirmer la continuité et la légitimité de la première dynastie de l’Empire romain, celle des « julio-claudiens ».

Ce camée, le plus grand que l'Antiquité nous ait légué, a suivi le centre du pouvoir de Rome à Constantinople, où il a été serti dans une monture byzantine en bois recouverte d'argent doré, à décor émaillé, qui n'a jamais été représentée (voir catalogue du Trésor de la Sainte Chapelle, 2001). En 1247, il fait probablement partie de l’envoi de reliques par Baudoin II à Saint Louis, et est cité dans le premier inventaire de la Sainte Chapelle, avant 1279.
Mis en gage en 1343 par Philippe VI auprès du pape Clément VI, il est restitué par Charles V en 1379 à la Sainte Chapelle et complété à cette occasion d’un support en argent doré inscrit avec les figures des douze apôtres.
En 1620 le savant aixois Claude Fabri de Peiresc, dans une lettre à Jérôme Aléandre, écrit avoir découvert "dans un lieu curieux et qu’on ouvre rarement une pierre précieuse antique, la plus grande et la plus belle que j’ai jamais vue" et en donne la première description et interprétation comme l’Apothéose d’Auguste. Le camée, sans sa monture, est dessiné en 1621 et peint en 1625-1626 par Rubens, lors de sa venue à Paris pour décorer la galerie du Luxembourg (Le dessin, préparatoire aux gravures, est conservé à Anvers, Museum Plantin-Moretus, Prentenkabinet, PK.OT.00109). La peinture, qu'il avait offerte à Peiresc, en grisaille sur toile - pour faire pendant à celle de la Gemma Augustea par Nicolo dell’Abbate - a été acquise en 1989 par l’ Ashmolean Museum (cf Gazette des Beaux-Arts, oct.1992, p. 127-136, article de Shaw Smith, "Rubens and the Grand Camée de France").
Selon Cointreau (1800) et Fauris de Saint-Vincens (1819), la pierre a été cassée lors d'un incendie à la Sainte Chapelle, qui eut lieu en 1630.
La première publication du camée a été écrite en 1635 par Jean Tristan de Saint-Amand, ami de Peiresc (Commentaires historiques, I, p. 81 sq) .
Au moment de la Révolution, le camée est déposé sur ordre de Louis XVI au cabinet des Médailles, le 1er mai 1791. Volé dans la nuit du 16 au 17 février 1804, il est retrouvé à Amsterdam, privé de sa monture, fondue et restitué au cabinet des Médailles en février 1805. Une nouvelle monture en bronze doré est exécutée par Auguste Delafontaine en 1807. Cette monture, sans doute passée de mode, est séparée du Grand Camée en 1832. En 1835, Raoul-Rochette commande à Rondel, restaurateur d’antiquités, une monture en cuivre doré (monture actuelle). En 1913, le camée est remis dans la monture de Delafontaine, puis en est à nouveau séparé dans la seconde moitié du 20e siècle.

Mode d'acquisition : 
Date de l'acte d'acquisition : 
01/05/1791
Ancienne(s) appartenance(s) : 
Numéro d'inventaire : 

Camée.264
Autre(s) numéro(s) : 

Chabouillet.188
Bibliographie : 

Fernandez, Catherine. Kingship and the materiality of Cameos : the afterlife of the Grand Camée in Capetian Paris. 2012, p.15-21.

Borbein, Adolf H., Hofter, Mathias René. Geschichte der Kunst des Alterthums, Katalog der antiken Denkmäler. 2006, p. 483 sq., no. 1155.

Giuliani, Luca. "Leggere un'immagine. Il Grand Camée de France e la successione di Tiberio", Storicamente, 2. 2006, pp. 1-28.

Vollenweider, M.-L.., Avisseau-Broustet, Mathilde. Camées et intailles, II, Les portraits romains du Cabinet des Médailles. Paris : Bibliothèque nationale de France, 2003, 219-220, n°275.

Le trésor de la Sainte-Chapelle. Paris : RMN, 2001, pp.90-95, pp.266-267, n°21 M. Avisseau-Broustet, n°22 Jannic Durand, n°78 A. Dion-Tenenbaum.

Giard, Jean-Baptiste. Le Grand Camée de France. Paris : Bibliothèque nationale de France, 1998

LIMC VIII. 1997, Venti, p.191, n°25*, Aigis (S), p.513, n°13*, Stellae (S), pp.1179-1180, n°11.

Trésors de la Bibliothèque nationale de France, Mémoires et merveilles VIIIe-XVIIIe siècle. Paris : 1996, p. 82.

LIMC VII. 1994, Pegasos, p.221, n°92a, Providentia, p.564, n°13, Sibyllae, p.756, n°24*.

LIMC V. 1990, Honos, p.500, n°27.

Berytus. Bibliothèque nationale, 1989, 142-144, n°83 I. Aghion.

LIMC IV. 1988, Demeter/Ceres (#), p.905, n°174*.

LIMC II. 1984, Apollon/Apollo, p.434, n°500, Armenia, p.613, n°14, Askanios, p.862, n°26.

LIMC I. 1981, Aion, p.403, n°18a.

Van der Meulen, M.. Petrus Paulus Rubens antiquarius. New-York : 1975, pp. 142-146.

Babelon, Ernest. Catalogue des camées antiques et modernes de la Bibliothèque nationale. 1897, pp.120-137, n°264.



Powered by WebMuseo

Plan du site