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Médailles et Antiques de la Bibliothèque nationale de France
 
Désignation générale : 

pièce d'échecs

"Pion : fantassin normand"

Création / Exécution : 

Italie, Italie méridionale (lieu de création)
Italie, Campanie, Salerne (lieu de création)
Italie, Italie méridionale, Amalfi (lieu de création)
entre 1080 et 1100

Matières et techniques : 

ivoire d'éléphant

Mesures : 

H. 7.3 cm, l. 4.8 cm

Description : 

Fantassin, vêtu d’une cuirasse et coiffé d’un casque, tenant l’épée haute, abrité derrière un grand bouclier en pointe.
Son équipement s’apparente à celui de deux des cavaliers, de type normand, et peut se dater de la fin du 11e siècle. La broigne ou cotte de mailles, tunique de cuir sur laquelle sont fixées des plaquettes métalliques (les « mailles » ou « macles », qui peuvent être en anneaux ou pleines, comme ici), cloutées, lacées ou imbriquées, protège les épaules, le dos, le thorax et le cou. Assez courte, elle s’arrête à mi-cuisses et mi-bras et est complétée par une capuche pour protéger le cou, le haubert. La broigne, attestée dès le 8e siècle, disparaît progressivement à partir du 12e siècle, remplacée par la broigne treslie (en treillis) qui est une cotte de mailles plus légère formée d’anneaux entrelacés.
Le casque conique à nasal, qui ne protège que le crâne et le nez, porté avec le camail (qui protège le cou) ou par-dessus une coiffe de maille complète, se généralise vers l’an mil. Sa forme pointue permet de dévier les coups. Au 12e siècle, le casque s’arrondit et est complété d’une visière qui protège le visage, qui deviendra petit à petit le heaume, plus enveloppant.
Le bouclier en ogive est typique de l'équipement des chevaliers normands. Les boucliers ronds en usage aux siècles précédents se raréfient au profit des boucliers en amande, dont l’extrémité pointue est orientée vers le bas. Leur première apparition bien datée est sur la tapisserie de Bayeux, vers 1070. Des boucliers de cette forme se diffusent aussi dans le monde islamique tant en Espagne qu’en Egypte dès le 11e siècle. En Occident, à partir du début du 12e siècle, les chevaliers étant dissimulés derrière leur heaume, les boucliers commencent à porter des signes distinctifs, prélude à la naissance de l'héraldique, qui permettra aux combattants de se reconnaître sur le champ de bataille.
La lourde épée à lame affutée faite pour frapper de taille (par le tranchant) et non d’estoc (par la pointe), à pommeau généralement oblong, à deux tranchants renforcés dérive de celles des Vikings. Portée à la ceinture, dans un fourreau, elle se manie à une main.

Ce pion est le seul subsistant du jeu; les 15 autres manquent. On peut supposer que les pions des deux camps se différenciaient, comme les cavaliers, par leur équipement : casque pointu, bouclier en ogive d'un côté, casque rond et bouclier rond de l'autre.

Mode d'acquisition : 
Donateur(s), testateur(s) ou vendeur(s) : 
Date de l'acte d'acquisition : 
18/01/1794
Ancienne(s) appartenance(s) : 
Numéro d'inventaire : 

Inv.55.323
Bibliographie : 

Le trésor de Saint-Denis [cat.exp.]. Paris : RMN, 1991, p.132-141, n°19 (D. Gaborit-Chopin).

Pastoureau, Michel. L’échiquier de Charlemagne, un jeu pour ne pas jouer. Paris : Adam Biro, 1990

Pièces d’échecs. Bibliothèque nationale, 1990, n°19-24.

1789. Le patrimoine libéré [cat.exp.]. Bibliothèque nationale de France, 1989, p.138-139, n°80 (M. Pastoureau).

Marion du Mersan, Théophile. Histoire du Cabinet des Médailles, antiques et pierres gravées. Paris : 1838, p.25-26.



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