intaille
"Voeu de la France pour le rétablissement de Monseigneur le Dauphin"
Jacques Guay
France (lieu de création)
1752
H. 1,2 cm, l. 0,9 cm
La France personnifiée de profil à gauche, un genou en terre, les mains jointes, implore la déesse Hygie dont la statue est debout sur une colonne. La déesse tient de la main droite le serpent. Au pied de la statue, il y a un autel allumé, sur lequel a été sculpté un dauphin. Près de la France, un bouclier dressé, timbré aux trois fleurs de lys, et, posée sur le sol, la couronne royale.
L'intaille est gravée par Mme de Pompadour dans son Recueil d'Estampes, pl.12. Dans l'exemplaire de l'héritier de Guay, Jean François Leturcq, une note autographe de Guay précise "Dans le temps que toute la France était en larmes, Guay s'enferma et travailla jour et nuits pour graver cette pierre en creux, il la présenta à Mme de Pompadour le jour que le prince fut hors de danger le 9e jour de la maladie". La notice imprimée explicative, par Guay, indique "La France, un genou en terre, joint les mains avec ardeur devant la statue de la santé posée sur une petite colonne, près de laquelle est un autel enflammé orné d'un Dauphin. Dans l'exergue on voit 1752 année de cette époque. Ce dessin a été réduit par M. Vien d'après une cornaline. La composition en est noble et pathétique : l'estampe la rend avec une admirable exactitude; on y retrouve ces mouvements de crainte et de douleur dont chacun fut agité dans la triste conjecture qu'elle retrace.
M. Guay a gravé cette pierre en 15 jours; le coeur de cet artiste lui donna la force nécessaire pour exécuter en aussi peu de temps ce que la France entière et peut-être l'Europe ressentait comme lui-même"
L'intaille est en réalité sur saphir et non, comme il est indiqué, sur cornaline peut-être par confusion avec une autre intaille sur le même sujet, daté de 1752, mais où la France est debout et non agenouillée.
Louis XV un moment de perfection de l’art français. 1974, pp. 644-645.
Dutartre. Inventaire après décès des biens, terres, maisons, châteaux, meubles, bijoux, effets, titres, papiers... de Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour et duchesse de Menars (manuscrit). 1764, https://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/32485/?offset=#page=847&viewer=picture&o=bookmark&n=0&q=
Un saphir bleu d’Oriens gravé en creux représentant le Vœu de la France pour la convalescence de Mgr le Dauphin prisé 1500 livres.
Madame de Pompadour (Poisson né(e)). Suite d'estampes gravées par Madame la marquise de Pompadour d'après les pierres gravées de Guay, graveur du Roy. vers 1775, n°12.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k856181x/f31.item.